Collectif le Revers

Ce programme est il solidaire ?

Notre méthode : le Solidarité Score

Nous avons analysé les programmes des candidat·es à la mairie de Paris à partir des 12 axes de notre Plan de prise en charge des personnes sans domicile. Le collectif ne favorise aucun parti ou candidat.e. 

Le Solidarité Score n’est pas partisan, il repose sur les engagements formalisés dans les programmes des candidat·es, sur leurs engagements pris publiquement et devant les membres du collectif Le Revers et évalue leur politique de prise en charge des personnes sans-domicile et marginalisées.

Chaque recommandation a été évaluée selon quatre niveaux :

✅ Engagement clair dans le programme
🟰 Engagement partiel
❓ Position imprécise
❌ Absence ou position contraire
Poison : dangereux et mortifère

Ces notations ont été converties en un score chiffré, puis en un classement lisible de type A à E
Barème Mode de calcul :

A ≥ 2,5 ✅ 3 points
B ≥ 2,0 🟰 2 points
C ≥ 1,5 ❓1 point
D ≥ 1,0 ❌ 0 point
E < 1,0

Le résultat par candidats :

Sophia Chikirou obtient un “Solidarité – score” A avec la note de 2,53 / 3 selon le barème établi.

Sophia Chikirou a confirmé publiquement son intention d’appliquer l’ensemble des recommandations du Plan de prise en charge des personnes sans domicile publié par le Revers, ainsi que le budget de 110 millions prévu pour sa mise en œuvre.
Son programme reprend plusieurs mesures clés de ce plan, notamment la création d’un centre de premier accueil des personnes exilées arrivant à Paris (R2) et la reconnaissance de la présomption de minorité pour les mineur·es non-accompagné·es demandant une prise en charge à Paris (R3). Elle adopte une ligne volontariste en matière d’hébergement d’urgence, appelant à la réquisition des logements vacants et à l’engagement de la responsabilité de l’État en cas de carence (R1).
Elle propose également de déclarer un état d’urgence humanitaire afin de garantir l’accès inconditionnel à l’ensemble des dispositifs sociaux parisiens (R8 et 10). Cette démarche vise à renforcer la prise en charge de publics particulièrement vulnérables, parmi lesquels les personnes exilées (R2), les mineur·es non-accompagné·es (R3), les usager·es de drogue (R7), les femmes, les familles à la rue et plus largement toutes les personnes sans domicile.
Elle souhaite en parallèle développer des dispositifs de santé plus accessibles, notamment dans le domaine de la santé mentale (R6), et renforcer l’interprétariat pour améliorer l’accompagnement (R8).
Enfin, elle soutient les initiatives de désobéissance civile, notamment en matière de prise en charge des personnes usagères de drogues dans le cadre d’une politique de réduction des risques (R7) et affirme vouloir conduire un mandat mobilisant élu·es et citoyen·nes face à l’inaction de l’État en matière de prise en charge sociale (R12).
Certaines modalités de mise en œuvre du plan restent toutefois à préciser dans son programme, notamment concernant l’organisation et le financement pérenne de certains dispositifs municipaux et leur articulation avec les compétences de l’État.

Emmanuel Grégoire obtient un “Solidarité – score” B avec la note de 2,14 / 3 selon le barème établi.
Emmanuel Grégoire s’est engagé à mettre en œuvre un plan « zéro enfant à la rue », incluant l’hébergement d’urgence des mineur·es non-accompagné·es en recours (R3), le relogement des familles en rue (R1 et 11), l’objectif d’atteindre 40 % de logements sociaux (R11), ainsi que la création d’un centre de premier accueil des personnes exilées arrivant à Paris (R2) et de 4 000 places d’hébergement supplémentaires (R1).
Son programme s’inscrit dans une approche institutionnelle visant à renforcer les dispositifs municipaux existants et à responsabiliser davantage l’État dans la prise en charge de l’hébergement d’urgence (R1). Il soutient notamment le principe des réquisitions de bâtiments vacants en cas de carence de l’État (R1) et prévoit de renforcer les dispositifs d’accès aux droits et d’accompagnement social pour les personnes en situation de grande précarité (R8).
Toutefois, certaines recommandations du plan de prise en charge des personnes sans domicile ne sont reprises que partiellement dans son programme. C’est notamment le cas de la présomption de minorité pour les mineur·es non-accompagné·es demandant une prise en charge à Paris (R3), ou de certaines propositions relatives à l’inconditionnalité de l’accès aux dispositifs municipaux (R10) et à la protection des initiatives solidaires et des personnes concernées dans l’espace public (R9 et 12).
Son programme prévoit également le développement de plusieurs dispositifs municipaux destinés aux personnes sans domicile, notamment des accueils de jour, des bagageries ou des laveries (R10), ainsi que le renforcement des services sociaux et des dispositifs d’accès aux droits (R8). Ces mesures s’inscrivent dans une logique de renforcement et de continuité de l’action municipale du mandat précédent, plutôt que dans une transformation plus large du cadre de prise en charge défendu par certaines recommandations du plan.

Pierre Yves Bournazel obtient un “Solidarité – score” D avec la note de 1,15 / 3 selon le barème établi.
Le programme de Pierre-Yves Bournazel reprend plusieurs recommandations du plan de prise en charge des personnes sans domicile, notamment la création d’un centre de premier accueil pour les personnes exilées (R2), le retrait du mobilier dit « anti-SDF » (R9), la garantie d’une évaluation sociale préalable à chaque expulsion d’un lieu de vie en rue (R9) et la mise en place d’un accompagnement global pour les personnes hébergées à l’hôtel (R1). Il se montre également favorable à la création d’espaces de dialogue destinés à mieux former les acteur·ices municipaux de terrain, notamment la police municipale (R12), et à l’organisation d’échanges entre autorités publiques et associations intervenant auprès des personnes usagères de drogues (R7).
Son programme comporte également plusieurs propositions visant à mobiliser davantage le parc privé pour répondre à la crise du logement, notamment à travers le renforcement de dispositifs incitant les propriétaires à remettre des logements vacants sur le marché et à participer à des dispositifs solidaires de mise à disposition de logements (R11). Il met également l’accent sur l’accompagnement vers l’emploi et l’insertion sociale de certaines personnes en situation de grande précarité (R12).
Cependant, le reste de son programme apparaît insuffisant au regard du plan de prise en charge, en particulier en matière de santé (R6), de logement très social (R11) et de développement de l’hébergement d’urgence (R1). Il ne propose pas de dispositif spécifique pour la prise en charge et l’hébergement des mineur·es non-accompagné·es en recours (R3) et ne reprend pas plusieurs de nos recommandations relatives à l’inconditionnalité d’accès aux dispositifs sociaux municipaux (R10), au développement des services municipaux d’accueil (R10) ou à l’accès aux droits (R8). Par ailleurs, il a exprimé sa volonté de s’inscrire dans la continuité des opérations de régulation de l’espace public mises en œuvre à l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, avec un renforcement des moyens de la police municipale dans la gestion des situations de grande précarité (R9).

Rachida Dati obtient un “Solidarité – score” E avec la note de 0,08 / 3 selon le barème établi.
Le programme de Rachida Dati ne reprend aucune des recommandations formulées dans le plan de prise en charge des personnes sans domicile (R1 à 12) et s’inscrit dans une orientation de restriction budgétaire concernant les politiques de solidarité. Elle ne prévoit pas d’augmenter le parc de logements sociaux à Paris (R11) et ne soutient pas le principe d’inconditionnalité d’accès aux dispositifs sociaux (R10).
Son discours public se montre très hostile à l’égard des politiques d’accueil des personnes exilées (R2), avec des amalgames répétés entre immigration, insécurité et occupation de l’espace public. Dans les éléments programmatiques disponibles, aucun axe structurant n’est identifié en matière d’accès aux droits (R8), d’hébergement (R1) ou d’accompagnement social pour les personnes sans domicile ou en situation de grande précarité.
L’absence d’une politique municipale structurée d’accueil digne et inconditionnel apparaît en contradiction directe avec les recommandations du plan de prise en charge porté par le collectif, qui visent à renforcer l’accès aux droits (R8), à l’hébergement (R1), au logement (R11) et aux services essentiels pour les personnes sans domicile (R10).
Elle ne propose par ailleurs aucune stratégie globale de santé destinée aux personnes sans domicile (R6) et rejette une approche de réduction des risques pour les personnes usagères de drogues (R7). Dans l’ensemble, son programme privilégie une logique de régulation sécuritaire de l’espace public plutôt qu’une politique sociale structurée de prise en charge de la grande précarité (R9).

Extrême droite : Sarah Knafo et Thierry Mariani
Les programmes portés à Paris par les formations d’extrême droite s’inscrivent dans une logique profondément hostile aux politiques de solidarité et d’accueil inconditionnel défendues par le collectif. Ils ne reprennent aucune des recommandations formulées dans le plan de prise en charge des personnes sans domicile et privilégient au contraire une approche centrée sur les questions identitaires, sécuritaires et la régulation coercitive de l’espace public.
À Paris comme ailleurs, ces forces politiques ciblent régulièrement les associations de solidarité, les dispositifs d’aide aux personnes exilées et les initiatives citoyennes venant en aide aux personnes sans domicile. Plusieurs de leurs responsables et militant·es ont multiplié les attaques publiques, intimidations et campagnes de stigmatisation à l’encontre des acteur·ices associatif·ves et des personnes sans domicile.
Leurs propositions s’accompagnent par ailleurs d’une volonté affichée de réduire les financements publics destinés aux associations et aux politiques sociales. Une telle orientation fragiliserait directement les dispositifs d’accueil, d’accompagnement social, d’accès aux droits et de santé qui permettent aujourd’hui à des milliers de personnes sans domicile de survivre à Paris.
Au regard des recommandations formulées dans le plan de prise en charge des personnes sans domicile, le collectif Le Revers considère que ces orientations constituent une menace grave pour les droits, la dignité et la sécurité des personnes sans domicile

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